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  • ICEB Café | 27 janv 2014 – Quelle mobilité pour la ville de demain ?

    SUJET

    La prééminence de la voiture particulière dans nos déplacements quotidiens

    Leur constat est sévère quant aux conséquences sociales, environnementales et économiques de l’utilisation de la voiture qui représente 70 % des distances parcourues en France. Ainsi, elle a causé la mort de 3250 personnes en 2013 et provoqué 60 000 accidents ; elle contribue fortement à la pollution de l’air à l’origine de maladies respiratoires et à la pollution sonore. Elle est responsable de 27 % des émissions de gaz à effet de serre et de 32 % de la consommation d’énergie finale. Elle coûte en moyenne 5000 € par an et par ménage et des milliers d’heure de travail, perdues dans les embouteillages. Par exemple, à Paris, des voitures roulent en permanence pour chercher une place (10 % soit 100 000 voitures).

    Et pourtant, nous sommes accros à notre voiture, même si elle reste garée 95 % du temps !

    La mobilité est difficile à quantifier localement

    Or pour limiter nos déplacements en voiture, il faut repenser nos déplacements en général et donc savoir les quantifier, les qualifier et les analyser. Les Enquêtes Ménages Déplacements (EMD) pour les agglomérations de plus de 250 000 habitants, les Enquêtes Déplacements Ville Moyenne (EDVM), et les cartes de trafic pour les routes, permettent de recueillir des données et de créer des modèles mathématiques et statistiques, en particulier à l’échelle macroscopique. Mais au niveau d’une ville ou d’un quartier, étant donné la multitude de micro-flux, la connaissance est surtout qualitative grâce à des bureaux d’étude spécialisés.

    Des déplacements en constante augmentation

    Voici les principaux éléments à retenir sur la mobilité en France : 50 % des déplacements font moins de 3 km ; 5 à 4 déplacements/jour/personne ; taux de motorisation des ménages entre 0,4 à Paris et 1,6 en zone rurale ; 10 à 15 % de ménages sans voiture (25 % dans les grandes agglomérations) ;
    65 à 70 % des déplacements en voiture (50 % dans les grandes agglomérations) ; le flux domicile-travail ne représente que 18% des déplacements, mais 41% des distances ; la marche est le principal mode de transport doux (16 à 35 %) contre 2 à 17 % pour les transports publics.

    Entre 2001 et 2010, le nombre de déplacements quotidiens a augmenté de 20 %. Si les déplacements automobiles restent stables, la marche à pied a augmenté de 25 %, les transports publics de 20 % et le vélo de 100 %.

    Le nécessaire avènement de l’écomobilité pour réussir la ville durable

    Le concept d’écomobilité permettrait de repenser nos déplacements et de favoriser des modes de transport moins chers pour les ménages, et davantage protecteurs de la santé et de l’environnement.

    Si l’usage des transports publics (tramway, métro, bus), de la marche à pied, du vélo et des systèmes d’auto-partage et de covoiturage est en augmentation constante, seuls 2% des automobilistes ont abandonné leur voiture pour adopter ces modes de déplacement. Le report modal est donc très faible. Mais cette offre alternative à la voiture, a permis aux personnes qui ne se déplaçaient pas beaucoup pour des raisons notamment économiques ou géographiques, de le faire davantage.
    Il est à noter que ce sont les catégories sociales les plus favorisées qui ont la mobilité la plus développée.

    Des solutions existent pourtant pour parvenir à réduire la part de la voiture particulière :

    • Un aménagement urbain différent, rapprochant lieux d’habitation et lieux de travail
    • Le développement des tramways, deux-roues en libre service, auto-partage, covoiturage
    • Gratuité des autoroutes pour les personnes faisant du covoiturage (c’est le cas sur l’autoroute A14)
    • Réalisation de plans de déplacement par des entreprises pour inciter les salariés à faire du covoiturage pour venir travailler
    • Intermodalité améliorée entre les transports pour éviter les ruptures de charge.
    • Imaginer des téléphériques comme à Grenoble, Brest, et Medelin
    • Favoriser les pedibus avec les enfants
    • Etc.

    Une situation compliquée dans les villes des pays émergents

    Dans les mégapoles des pays du Sud, on assiste à une forte croissance urbaine, à une augmentation des transports publics privés anarchiques, et à une explosion de la motorisation qui crée des pollutions et des embouteillages. Des changements sont possibles, mais ils nécessitent des transports publics de masse.

    A titre de signal d’alarme, il faut indiquer que si les Chinois étaient motorisés comme en France,
    il faudrait doubler la production de voiture dans le monde, avec les conséquences qu’on peut imaginer.

    Présentation du projet urbain du secteur Dessaux à Orléans-Les Aubrais

    Il s’agit d’un quartier d’affaires, avec des logements, des commerces, une offre culturelle et de loisirs et une gare TGV. L’ambition est d’avoir au sein de ce quartier une écomobilité de 30 à 55 % grâce à une bonne évaluation de la demande de déplacements, des pistes cyclables, et une multimodalité forte de la gare des Aubrais.

     

    Pierre Lefevre, fondateur d’Induct, une société conceptrice de la Navia, une navette urbaine sans chauffeur.

    La NAVIA est une navette automatique robotisée de 8 à 10 passagers, sans conducteur et électrique, roulant à 25 km/h et qui se veut une solution à la problématique du dernier kilomètre et permettrait de réduire les voitures particulières en centre-ville. Elle fonctionne grâce à des multiples capteurs intelligents et utilise des technologies de robotique, d’optique, de géolocalisation, etc.

    Elle est déjà en circulation notamment dans les universités de Singapour et Lausanne, et en démonstration notamment à Disney World à Orlando, à l’Université de Stanford et à Lyon confluence.

    Pionnière dans son domaine, elle devrait préfigurer des véhicules totalement autonomes en 2030.
    La voiture Google permettrait elle une autonomie sur les voies rapides.

    La NAVIA est 40 à 50 % moins cher qu’un bus thermique (avec une fréquence plus régulière et un meilleur taux d’utilisation), mais il y a un problème de législation.

     

    Débats avec la salle

    Les débats qui ont suivi la table ronde ont notamment concerné le rôle des bureaux d’étude dans le conseil qu’ils devraient faire auprès des collectivités locales pour qu’elles favorisent les transports alternatifs et écologiques. IRIS Conseil a répondu qu’ils n’avaient pas ce pouvoir puisqu’en dernier ressort, il réside dans la main des élus.

    Des participants ont déclaré qu’ils avaient renoncé aux transports publics car ils s’attendent à ce que ces derniers soient à l’heure, ce qui n’est pas toujours le cas.

    Il a été dit que la RATP réfléchit d’ailleurs au plaisir procuré par les transports en commun pour en améliorer la fréquentation.

    Il a été énoncé qu’en région parisienne, on paie 25% des coûts réels de transport.

    La question s’est posée de savoir si on pouvait comparer les analyses de cycle de vie dans la construction et celles dans les transports.

    Une objection forte à la NAVIA est apparue car elle ne créé pas d’emploi de chauffeurs.


    INTERVENANTS

    Afin de parler des enjeux des déplacements urbains, l’ICEB Café a convié Ivan Vukovich et Thierry Auchêne, deux experts du cabinet IRIS conseils, spécialisé dans la mobilité, et Pierre Lefevre, fondateur d’Induct, une société conceptrice de la Navia, une navette urbaine sans chauffeur.

    Ivan Vukovich, président d’Iris Conseil et Thierry Auchêne, responsable de la branche Mobilité-déplacements à Iris Conseil

  • iceb café
    12 Mar 2018 à 18h30

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    libre - Sur réservation exclusivement

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