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  • Bâtiment et énergie : pourquoi l’ICEB dit non au tout-électrique nucléaire

    Nous sommes une organisation de proue d’un secteur qui conçoit et rénove les bâtiments qui consomment 40 % de l’énergie française. Ce que nous voyons nous inquiète.

    Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient et le climat global d’instabilité géopolitique nous ont rappelé l’état d’exposition et de vulnérabilité de la France en matière énergétique.

    Cette réalité brutale aurait dû nous conduire à une question fondamentale : comment réduire notre dépendance ?

    À la place, le gouvernement lance un grand programme d’électrification assis principalement sur le nucléaire. La sobriété est mise en avant, mais reste un vœu pieux, alors que les plans d’électrification et de construction de capacité, eux, trouvent leurs financements.

    Nous pensons que c’est une erreur stratégique grave.

    Le nucléaire ne règle pas le problème de la vulnérabilité. La fourniture d’uranium dépend aujourd’hui du Kazakhstan, du Niger, de l’Australie et de la Russie, avec laquelle la France continue de commercer. Remplacer une dépendance par une autre n’est pas une politique de résilience. À cela s’ajoutent des risques réels : vulnérabilité des sites aux événements climatiques extrêmes, risques croissants sur la fiabilité de la continuité opérationnelle des sites, coûts et délais de construction qui échappent à tout contrôle et dont le risque pèse sur le budget public. 

    Le nucléaire n’est pas une énergie sans impact environnemental. Toute infrastructure de cette échelle a un coût écologique massif à la construction, soigneusement laissé hors bilan. En fonctionnement, les centrales pèsent durablement sur les milieux aquatiques : prélèvements qui soustraient des centaines de millions de mètres cubes aux bassins versants, rejets thermiques qui dégradent significativement les écosystèmes fluviaux. La gestion des déchets reste non résolue, à un coût colossal jamais intégré dans les comparaisons tarifaires. Que ce soit par conviction ou par intérêt, présenter cette énergie comme « zéro carbone » et propre reste faux : c’est une comptabilité délibérément tronquée.

    Dans le bâtiment, nous observons déjà les effets concrets de cette course au tout-électrique. La prolifération des pompes à chaleur, couplée à la réduction drastique des aides à l’isolation, crée une situation absurde : des logements équipés d’un système de chauffage moderne mais dont l’enveloppe thermique reste défaillante. Le résultat sera des factures insupportables et une vulnérabilité systémique maintenue malgré un programme important de dépenses publiques dédiées à l’électrification.

    L’électrification massive ne peut pas être la réponse unique, car il n’y a pas d’énergie, même renouvelable, sans impact et sans risque. Certaines en ont moins que d’autres, et un bouquet diversifié permet de limiter les risques. Mais, la vraie question, celle qu’on ne pose pas, est celle de la sobriété.

    Faire mieux avec moins (isoler massivement, réduire les besoins inutiles, territorialiser la production d’énergie sous des formes coopératives et locales) n’est pas une option parmi d’autres. C’est le point de départ obligé.

    Nous ne sommes pas un grand lobby. Nous sommes des professionnels du bâtiment qui, chaque jour, mesurons l’écart entre les discours et la réalité du terrain. Nous savons que les solutions existent et sont déployables maintenant. Dans un environnement changeant tant au niveau climatique que géopolitique, c’est le moment d’activer ces leviers pour une France souveraine, compétitive, prospère et résiliente à long terme.

    – L’Institut pour la Conception Écoresponsable du Bâtiment (ICEB)

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