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  • Entretien avec… Marika Frenette | Wigwam Conseil

    Quelles sont les origines de ta démarche environnementale, les rencontres qui t’ont guidé ?

    Le tout début vient de mes origines canadiennes, dans les familles québécoises majoritairement modestes jusque dans les années 60, on accumulait on recyclait, on récupérait, on transformait, c’est qu’on appelait l’esprit « broche à foin* ». Puis ensuite j’ai été marquée par un concept d’émission sur la télévision québécoise qui traitait de construction à partir de déchets de matériauxPuis l’élément déclencheur fut la rencontre avec Dominique Gauzin-Müller sur Batimat en 2001 où elle présentait son dernier livre sur la construction bois « L’architecture écologique ». Je venais de l’urbanisme où je n’avais pas trouver de réelle conviction, c’était une échelle d’intervention trop longue pour moi et je voulais me rapprocher d’une architecture plus proche de l’environnement et de l’origine des systèmes constructifs, le bois s’est imposé à moi comme une évidence.

     

    Aujourd’hui on rattache souvent ton activité à des réalisations bois très innovantes, comment as tu fait pour acquérir cette notoriété ? est ce que tu es d’accord avec cette appréciation ?

    Bien sûr ! avec mon agence Wigwam conseil, on prône en effet l’optimisation environnementale du bâtiment avec des projets le plus possible avec des systèmes innovants. Mais on ne fait pas que de l’architecture bois, plus nos projets évoluent et prennent de l’ampleur, plus nous sommes amenés à mixer des méthodes constructives : bois/béton, bois/brique, panneaux préfabriqués, … La notion d’enveloppe est fondamentale et aussi importante que les préoccupations sur la structure. Au Canada avec des hivers à –40°, l’enveloppe est fondamentale, cela implique une maîtrise parfaite de l’isolation et de ses caractéristiques physiques .
    Ce qui explique aussi notre particularité, c’est le fait qu’une architecte avec une sensibilité à cette pratique j’associe et intègre les compétences de mon équipe d’ingénieurs. Venant moi même d’un milieu d’ingénieurs, j’apprécie leur capacité à vérifier dans leurs calculs les moindres détails, ce qui nous permet d’améliorer sans cesse les performances des bâtiments sur lesquels nous travaillons.

    Comment définirais tu ton expertise en développement durable dans tes projets et tes réalisations ?

    Notre expertise en maîtrise d’œuvre porte sur trois aspect:

      • L’approche participative et intégrée de la conception environnementale,
      • La problématique de l’étanchéité à l’air,
      • La santé environnementale

    Pour ce faire, nous avons développé des outils d’aide à la décision pour accompagner nos clients. Un bel exemple est l’opération de Rennes Métropole « BBC pour tous en 2012 » où nous avons accompagné sur ces 3 thèmes, 9 opérations principalement de logements sociaux. Cette approche participative avec des usagers nous a permis de gagner avec Rennes Métropole, le prix Fimbacte pour la démarche innovante. Nous avons rencontré une dynamique inter projet intense. Dans cette équipe projet, nous avons également associé les usagers pour recueillir leurs besoins et leurs attentes.

    Pourrais-tu expliquer à un architecte ou à un ingénieur parisien de l’ICEB par exemple, les bienfaits ou les inconvénients de vivre et travailler en province ?

    En terme de confort de vie, ça me convient de travailler en province, je suis à 2 heures de Paris en TGV, mais les décisions importantes sont prises à Paris. La province est très dynamique, les projets démarrent de partout et l’avantage des petites collectivités, périurbaines et rurales, avec qui nous travaillons de plus en plus, c’est d’être très réactives et réellement engagées. Par exemple il nous arrive fréquemment d’être en direct avec le Maire, ce qui simplifie les procédures de décisions, tout en restant dans une démarche consultative et participative. Avec les plus grosses collectivités locales, les décisions sont éclatées entre plusieurs échelons et les interlocuteurs souvent interchangeables et inter-changés.

    En tant que nouvelle membre de l’ICEB, quel est ton ressenti par rapport à l’association ? qu’est ce que cela t’apporte ? tes attentes ?

    D’après moi, l’ICEB est peut être moins parisienne qu’elle n’a pu l’être à une époque… Mais en même temps sa force c’est le lien et le lieu qui unit ces pionniers de la qualité environnementale. Ils ont commencé avant moi, ils ont innové et ils partagent leur expérience, leur « faire ». Ce lien doit être centralisé dans le plaisir de la confrontation. Vivement la connexion en visioconférence des ICEB Café !!

    Justement à quand un ICEB café à Nantes ?

    Avec Eric Bussolino qui est installé également à Nantes, nous serions ravis d’organiser un ICEB Café en visioconférence avec Paris . Nous allons vous proposer un sujet de débat pour début 2012.

    Quels sont tes projets en cours ?

    Étude d’enveloppe pour la réhabilitation de l’immeuble Sillon de Bretagne à Nantes, un des plus gros chantiers de rénovation en France actuellement.

    • Accompagnement sur l’enveloppe, l’étanchéité à l’air, la santé et l’accompagnement des usagers des premiers projets passifs en Pays de Loire : lycée, école, logements collectifs
    • Accompagnement en mode participatif d’écoles, crèches, maison de l’environnement et centre de formation du bâtiment durable.

    *en référence au « fil de fer » dont l’esprit était qu’avec très peu de choses, on peut tout faire.

  • iceb café
    12 Mar 2018 à 18h30

    De la grande accélération à la décroissance conviviale

    libre - Sur réservation exclusivement

    En savoir plus
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