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  • Entretien avec… François-Xavier Monaco | Les EnR

    Quelles sont les origines de ta démarche environnementale et quel a été l’élément déclencheur à la création de ta société?

    Après mes études d’ingénieur à l’UTC (Université technologique de Compiègne), j’ai découvert l’univers passionnant de l’énergie dans la ville. Devenu père de famille, je souhaitais être acteur d’un monde meilleur pour mes enfants. Cette volonté a forgé mes convictions et mes engagements.
    La création de ma société s’est ainsi concentrée sur l’approche entre bâtiments et énergies (dont les énergies renouvelables d’où notre nom LesEnR).
    Très vite, le besoin de cohérence entre construction durable et énergie des bâtiments s’est fait ressentir avant même de développer notre expertise dans l’urbanisme durable.

     

    Au-delà de la construction durable, LesEnR est positionnée sur l’urbanisme durable et le conseil en énergie, quel est le fil conducteur entre ces activités ?

    Bâtiments et énergie sont complètement imbriqués : traiter de réseaux de chaleur ou de smart grids, c’est comprendre à quel point l’énergie structure la ville.
    Dans les démarches de développement durable, nous sommes très attentifs aux consommations et le volet énergétique prend parfois une place importante : nous pouvons être amenés à définir la stratégie énergétique d’un quartier, à identifier des réseaux de chaleurs ce qui implique une véritable étude sur le terrain pour chercher à comprendre les flux existants et optimiser les systèmes de chauffage, de ventilation et d’ECS. La finalité étant d’intégrer à bon escient les énergies renouvelables !

    Comment définirais-tu la spécificité de ton équipe et votre approche en matière de projet ?

    Nous privilégions la pluridisciplinarité des métiers. Chez nous il y a un mix de compétences ; ingénieur, thermicien, urbaniste, architecte, spécialiste de l’environnement… Cette diversité de profils, de compétences est mise au profit de chaque projet pour enrichir les débats, partager/échanger nos expériences et finalement nos visions de la ville.

    Concernant notre approche projet, elle est très claire et cohérente de nos engagements de développement durable :
    Protéger notre planète,
    Agir et faire agir nos clients en faveur du développement durable,
    Se développer durablement comme par exemple travailler en local.

    Nous ne souhaitons pas être dans le dogmatisme, nous privilégions une approche souple, pragmatique et opérationnelle. Ainsi, au-delà des enjeux de territoire qui guident notre démarche technique, nous avons à cœur d’expliquer et de faire comprendre nos ambitions/prescriptions aux maîtrises d’ouvrage. C’est, à notre avis, le seul moyen de les convaincre et donc de faire en sorte qu’elles s’engagent pour avancer.

    Quelle est ta position par rapport au scénario de négaWatt pour sortir du nucléaire, présenté en septembre 2011?

    Pour moi le scénario est totalement cohérent, il représente un travail énorme de la part de négaWatt. Dans nos métiers, nous sommes totalement impliqués pour apporter des solutions. Pour atteindre la « sobriété » énergétique préconisée par le scénario négaWatt, nous devons proposer des solutions à l’échelle du bâtiment et à l’échelle urbaine. A ce sujet je vous invite à prendre connaissance du communiqué de presse qui est également sur le site et qui détaille les mesures sur lesquelles les membres de l’ICEB s’engagent pour soutenir les propositions de négaWatt (télécharger le pdf).

    En tant que nouveau trésorier de l’ICEB, quels sont tes projets par rapport à l’association, comment la verrais tu évoluer dans les années à venir ?

    Selon moi le projet fédérateur est d’amplifier la démarche actuelle de l’ICEB à savoir de faire avancer la conception éco-responsable par :
    l’approche technique et environnementale
    la mutualisation des connaissances.
    Ma fonction est de maîtriser et de développer le budget pour continuer à assurer la transmission de nos démarches, car nous avons tous besoin d’ouvrir nos connaissances et d’en faire profiter les autres.
    La sortie de guides en coédition avec l’Arene devrait nous amener à diffuser plus largement les compétences des membres de l’ICEB et ainsi à rebondir pour valoriser le formidable travail réalisé par ses différents membres.

    Quelles seraient tes suggestions pour faire évoluer la grille de mission AMO-HQE telle qu’elle est définie aujourd’hui?

    La grille de mission n’est pas, selon moi, l’outil idéal pour protéger la qualité de nos métiers. L’ICEB doit montrer autrement, notamment par des actions de communication, son expertise et l’expertise de ses membres. Dans la réalité des choses, une grille de mission ne remplacera jamais la notoriété d’une entreprise et la qualité de son travail.
    Inversement si les maîtres d’ouvrage sabordent la qualité environnementale de leurs bâtiments en réduisant les taux d’intervention (comme c’est aussi, au demeurant, le cas pour le taux des architectes), c’est que l’ICEB n’a pas encore assez communiqué sur notre métier et sur notre valeur ajoutée!

    Quelles sont vos réalisations récentes et ton projet idéal ?

    Nous assistons, en tant qu’AMO, la communauté d’agglomération de Cergy Pontoise pour atteindre le facteur 4 dans la réhabilitation des 19 000m² du Centre Culturel et Administratif de Cergy. C’est d’ailleurs un autre membre de l’ICEB, Pouget Consultants qui intervient pour la part énergétique au sein de l’équipe de MOE.
    Nous auditons les projets urbains de la Ville de Paris pour analyser comment est intégrée la démarche d’aménagement durable de la Ville et accompagnons la direction de l’urbanisme sur le secteur Bercy-Charenton en tant qu’AMO DD.
    Mais nous intervenons aussi dans des programmes de recherche avec le PUCA par exemple sur l’efficience des bâtiments scolaires BEPOS en Ile de France. C’est encore une occasion d’échanger avec les différents membres de l’ICEB.

    Concernant le projet idéal, nous avons eu la chance de travailler sur la conception de l’écoquartier de la ZAC de la Marine à Colombes en tant qu’AMO développement durable. Nous avons réussi à intégrer en première couronne de Paris un vrai éco-quartier avec l’urbaniste Guy Saint-Macary et la Compagnie du Paysage qui est devenu un très beau projet porté par l’aménageur la CODEVAM. Tous nos métiers ont été mobilisés puisque, nous avons aussi réalisé l’étude de faisabilité du réseau de chaleur biomasse qui est actuellement en construction et que nous sommes AMO environnementale sur l’école BEPOS qui est à l’intersection du quartier et du reste de la ville.

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