Bienvenue sur le site de l'institut pour la conception éco-responsable du bâti
  • Entretien avec… Dominique Pinto | Virreos

    Comment définissez vous votre expertise en développement durable et en qualité environnementale du bâti?   

    C’est dans les années 1970 à la lecture du livre de Francois de Closets « En Danger de Progrès » que j’ai commencé à m’intéresser à l’impact de l’homme sur l’environnement.
    Cette sensibilité au développement durable s’est renforcée en 1973 à l’époque où je formais des personnels de chantier en Guyane et très tôt nous avions déjà abordé des problématiques liées à la perte de la biodiversité et de la fragilité de l’écosystème. Puis fin 1990, après la rencontre avec Félix Florio j’ai été initié et séduit par l’approche novatrice des chantiers à faible nuisance avec l’organisation de la gestion des déchets pilotée par la FFB.

     

    Quelles sont vos thématiques de formation ?

    Mes formations sont orientées terrain auprès de la maîtrise d’œuvre sur des thématiques « développement durable et entreprises »
    Pour APROBA (Association pour la promotion du bâtiment, organisme de formation à la gestion et au management de la fédération régionale du bâtiment de Champagne-Ardenne) Ces formations s’adressent prioritairement à des conducteurs de travaux et à des opérateurs terrain.
    Je suis également intervenant dans le cadre du dispositif FEEBAT (Champagne-Ardenne). Ces missions de sensibilisation au développement durable et à la qualité environnementale rencontrent une très bonne réceptivité et répondent aux attentes des personnels de chantier qui sont souvent peu informés sur les actions à mettre en œuvre.
    Je développe également des formations sur mesure, chaque entreprise ayant ses spécificités, il me semble plus judicieux de définir des programmes spécifiques qui évitent le remplissage.

    Estimez vous que les actions de formation sont suffisantes dans votre secteur d’activité ? 

    Beaucoup de bonnes choses ont déjà été faites mais il reste encore beaucoup à faire et souvent les bonnes idées restent au placard par manque d’information. Par exemple ne sont concernées par les formations que les entreprises leaders qui ne représentent que 20% du marché, les petites entreprises ne sont pas prises en compte dans le système de management environnemental d’un chantier.
    La Direction du territoire des Ardennes organisent des réunions de sensibilisation à la qualité de mise en œuvre à l’intention des petites entreprises et des artisans. Ces sensibilisations sont organisées sur le chantier et donnent des résultats particulièrement intéressants. Il est regrettable que ses actions soient encore trop sporadiques pour une prise de conscience du management environnemental d’un chantier.

    Vous venez d’être nommé « correspondant local « de l’ICEB pour l’Est de la France, comment voyez vous évoluer cette mission

     ? 

    Selon moi l’ICEB était une association très parisienne et bien sûr cette décision va permettre d’augmenter la représentativité de l’ICEB en région en tenant compte des particularités régionales en termes d’habitat, de climat, de disponibilité des matériaux,…. D’ores et déjà cette nomination me permet de représenter l’ICEB dans les différentes manifestations, commissions ou jurys où j’interviens (dernièrement à Reims pour la DREAL « direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement » Qualité construction, et pour L’IFRB dans le cadre de la formation DDQE….) L’ ICEB a cette spécificité d’être une véritable interface terrain entre la maîtrise d’œuvre et la réalisation, entre le bureau d’études et le chantier, c’est un point de vue utile et indispensable pour les praticiens.

    En quoi vous reconnaissez vous dans les valeurs qui animent les membres de l’ICEB ?

    Ce que j’apprécie avant tout c’est une approche généraliste qui n’hésite pas à remettre en cause les idées reçues. Une forme d’humilité dans l’apprentissage et la connaissance qui évitent toute superficialité. Il n’y pas de langue de bois à l’ICEB. J’apprécie particulièrement les ICEB Café qui sont un lieu de discussion et de débat contradictoire qui ont pour but d’être constructif et positif. Je suis membre de l’ICEB depuis plus de 10 ans et j’espère le représenter dignement dans mes futures missions.

    Pouvez vous nous expliquer en quoi consistent vos missions d’expertises ?

    Au travers de ma société VIRREOS, j’interviens à la fois en amont des opérations (AMO et conseil auprès des Moe) pour la mise en œuvre des référentiels liés au développement Durable et à la performance énergétique, mais également en phase réalisation sur les mêmes thématiques, en y intégrant le contrôle thermographie, étanchéité à l’air, mais également la qualité de la mise en œuvre par des actions de sensibilisation des opérateurs de terrain.
    J’ai également établi un partenariat avec un lycée du bâtiment, avec comme objectif de leurs faire remonter les informations collectées sur le terrain pour qu’elles puissent leur servir à faire évoluer le contenu des formations continues, voir en créer de nouvelles.

    Vous travaillez sur l’évolution du référentiel métier du bâtiment, irez vous jusqu’à traiter les facteurs de pénibilité ?

    Le cadre de la mission est commandité par l’AREF – GF BTP, il est orienté sur la qualité environnementale et le développement durable autour des métiers. Néanmoins la santé et la sécurité sont des thèmes abordés dans les référentiels depuis l’origine. Concernant la pénibilité le sujet est totalement sous-jacent et de plus en plus présent notamment avec la prise en compte des FDES qui viennent progressivement compléter les FDS.

  • iceb café
    12 Mar 2018 à 18h30

    De la grande accélération à la décroissance conviviale

    libre - Sur réservation exclusivement

    En savoir plus