Quelle
serait votre définition
de la HQE ?
La démarche qui permet de réaliser des bâtiments
bien intégrés à leur environnement,
confortables à vivre, sains et aux impacts environnementaux
réduits.
Quelle est votre formation, votre métier de base ?
Votre parcours pour
arriver à la HQE ?
Une formation d'ingénieur avec une spécialisation
en thermique et énergies renouvelables.
J'ai commencé mon parcours professionnel en 1979,
avec un bref passage au Ministère du logement, pour
aider à organiser le concours des 5000 maisons solaires
et informer les professionnels sur la démarche bioclimatique.
J'ai ensuite fondé avec deux architectes un cabinet
spécialisé dans l'architecture bioclimatique,
puis nous avons créé une société d'édition
de logiciels techniques pour diffuser les outils mis au point
dans le cadre de nos activités de recherche. Enfin,
en 1993 j'ai créé un cabinet spécialisé dans
la HQE qui porte aujourd'hui le nom de TERAO.
Quelle relation
entre votre cœur de métier
particulier et la démarche environnementale ?
Notre coeur de métier est la connaissance du comportement
thermique de l'enveloppe des bâtiments. Nous avons
mis au point nos propres outils de modélisation que
nous utilisons toujours. La cible 4 (gestion de l'énergie)
est systématiquement une cible prioritaire dans la
démarche HQE.
Avec qui
faites-vous équipe
?
Soit nous intervenons avec des programmistes
lorsque nous sommes AMO, soit nous faisons partie de l'équipe de
maîtrise d'oeuvre et nous intervenons avec l'architecte
et les divers BET. Pour de grosses affaires nous sommes
amenés à travailler avec des spécialistes
comme des écologues, des spécialistes de la
qualité de l'air, de l'éclairage...Avec la
HQE nous touchons à beaucoup de domaines techniques,
c'est ce qui est passionnant dans notre métier.
Quelles sont vos réalisations actuelles, récentes
ou en cours ?
Nous suivons en ce moment le chantier
du siège de
Dassault Systèmes à Vélizy, un parc
de bureaux de 60 000 m2 certifié NF Démarche
HQE Bâtiments tertiaires pour les phases programme
et conception. Le chantier de Lyon Confluence, portant sur
des logements dont la consommation de chauffage est limitée à 60
kWh/m2 avec 80% d'énergies renouvelables, vient de
démarrer. Nous coordonnons la démarche environnementale,
au sein de la maîtrise d'oeuvre, du projet phare de
Gehry Partners pour la Fondation Louis Vuitton à Paris,
avec Catherine Parant comme AMO HQE. Nous avons une quarantaine
de projets en cours.
Votre travail rêvé ? Votre commande
idéale ?
Prendre le temps d'étudier sous tous ses angles
un beau bâtiment qui ait des impacts quasi nuls sur
l'environnement et qui soit parfaitement confortable et sain.
Ce qui implique beaucoup de choses !
la commande idéale est celle qui me permettrait de réaliser ce travail,
ce qui implique temps et budget d'études !
Votre grand oeuvre ?
Paradoxalement, ce ne sont pas
les projets les plus spectaculaires dont je suis le plus
fier, dans la mesure où ils sont
rarement duplicables. C'est le travail que nous avons réalisé en
Chine avec l'Ademe et une équipe d'experts où,
avec une somme de conseils assez simples nous avons réduit
de 50% la consommation énergétique de milliers
de logements et économisé chaque année
40 000 tonnes de CO2, avec un fort effet d'entraînement
pour d'autres réalisations.
Quels conseils donneriez-vous à un
maitre d'ouvrage qui souhaite réaliser un bâtiment
conforme aux principes de la démarche environnementale
?
De prendre le temps de bien cerner
ses priorités
et d'accepter un dépassement du budget d'études
(pas forcément du budget travaux) pour réaliser
un bâtiment cohérent. Puis d'adopter une démarche
en coût global.
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